Les fonctionnaires français rapatriés d'Algerie après son indépendance ont-il été "recasé" ?
Oui, dans une large mesure. Les fonctionnaires français rapatriés d’Algérie après l’indépendance de 1962 ont bénéficié de dispositifs de « reclassement » ou de « réintégration » dans l’administration française.
Le principe général
Après les Accords d'Évian, plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires français exerçant en Algérie ont dû quitter le territoire :
- enseignants,
- policiers,
- magistrats,
- agents des PTT,
- personnels préfectoraux,
- agents des finances,
- cheminots, etc.
L’État français a alors organisé leur réaffectation en métropole ou dans d’autres territoires français.
Les garanties accordées
Les textes prévoyaient généralement :
- le maintien du statut de fonctionnaire ;
- la conservation de l’ancienneté ;
- le maintien des droits à pension ;
- une priorité de reclassement ;
- parfois des aides matérielles au rapatriement.
Beaucoup ont été réintégrés dans :
- leur administration d’origine,
- l’Éducation nationale,
- les préfectures,
- les services publics en expansion pendant les années 1960.
Les difficultés concrètes
Même si le principe du reclassement existait, la réalité a souvent été difficile :
- mutations imposées loin des attaches familiales ;
- déclassements de fait ;
- attente avant affectation ;
- perte d’avantages liés au poste colonial ;
- difficultés de logement dans une France en forte tension immobilière.
Certains ont aussi ressenti une forme de mise à l’écart ou d’incompréhension à leur arrivée en métropole.
Différences selon les catégories
La situation variait beaucoup :
- les fonctionnaires titulaires français ont généralement été reclassés ;
- les contractuels ou personnels locaux avaient moins de garanties ;
- les agents musulmans ayant servi l’administration française ont souvent connu des situations beaucoup plus précaires.
Cas des enseignants
De nombreux enseignants rapatriés ont été absorbés par une Éducation nationale en pleine croissance durant les années du baby-boom, ce qui a facilité leur réemploi, même si les affectations pouvaient être éloignées ou subies.
Base juridique
Le reclassement s’appuyait notamment sur :
- les clauses des accords franco-algériens ;
- des ordonnances et lois françaises sur les rapatriés ;
- les statuts généraux de la fonction publique française.